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végétarienne imparfaite

Une végétarienne imparfaite

En septembre 2017, j’ai rédigé un article sur mon rapport avec le végétarisme et l’éthique animale. Il s’est passé de nombreuses choses en deux ans et ce que j’ai pu écrire à l’époque ne reflète plus tout à fait qui je suis aujourd’hui. J’ai quand même envie de conserver cet article car il est le témoin de mon état d’esprit à ce moment là et je ne renie pas qui j’étais alors.
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Pourquoi un tel titre ?

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Il y a quelques jours de ça, j’ai remarqué sur Instagram le post d’une blogueuse au sujet de son végétarisme, enfin plutôt des critiques qu’elle reçoit parfois de ses lecteurs pour être une végétarienne imparfaite.
Je vais vous faire une confidence, moi aussi je suis imparfaite et mon végétarisme l’est également.
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Que peut-on nous reprocher ?

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Tout comme moi, il arrive à cette femme de ne pas toujours se nourrir tous les jours de manière 100% végétarienne. Il lui arrive de manger du poisson et de la viande et c’est aussi mon cas.
Je n’aime pas en parler car ça représente une sorte d’échec pour moi. Je ne sais pas quel est le point de vue de ces blogueuse et je ne parlerai donc pas en son nom.

Mais oui, il m’arrive de manger encore de la chair animale malgré ma prise de conscience éthique sur le sort des animaux d’abattoir ou sur la souffrance des poissons.
C’est un sujet très épineux pour la communauté végétarienne, je ne vous apprends rien en disant cela. C’est un sujet de conflit entre membres sur les réseaux sociaux et c’est pourquoi je pratique mon végétarisme imparfait à l’ombre, sans l’afficher et souvent avec honte.

végétarisme

Qu’est-ce-qui m’a fait manger de nouveau des animaux ?

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Chacun est différent et a son propre vécu, ce que je vais dire est donc valable pour moi : ce n’est pas une généralité.
Je ne cherche pas à me trouver des excuses, mais j’ai remangé de la viande il y a un an, au moment où j’étais en dépression à la suite d’un déménagement chaotique. La dépression nous vide de notre énergie et bien souvent je n’avais envie de rien, ni de cuisiner, ni de manger. On a donc consommé des snacks de manière plus récurrente qu’à l’habitude. Il faut avouer que même si le marché du « veggie » se développe petit à petit, il est difficile de trouver de quoi manger sur le pouce qui ne soit pas à base de viande.

Parfois, j’ai eu un manque de certains plats de viande que j’aimais avant et dont le souvenir me manquait. Si j’emploie le terme de « souvenir » c’est parce que je dois avouer que j’ai souvent été déçue, voire dégoûtée de plats dont je pensais raffoler. Je me suis aperçue que c’était le souvenir du plaisir de manger ces plats qui me manquait, car quand on se passe de viande pendant longtemps, en remanger paraît bizarre. Plusieurs fois, je me suis dis « C’est ça ce plat ? Je pensais que c’était meilleur! »
J’ai remarqué que mon organisme absorbe difficilement le fer quand je le consomme dans un mode de vie végétarien, c’est ce qui me pousse à manger occasionnellement de la viande.
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En conclusion

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Sans rentrer dans le débat des termes et définitions de ce qu’est être ou non végétarien, je me considère encore malgré tout végétarienne. Pour les puristes, je suis fléxi-végétarienne mais je n’aime pas me mettre dans des cases.
Je suis à 90% végétarienne dans mon quotidien. Quand je fais les courses ou même au restaurant, mon premier reflexe est de chercher des produits sans viande, sans poisson. Il y a donc 10% de ma vie où il m’arrive de manger un peu de viande. Je le fais sans plaisir car c’est un goût que je n’aime pas/plus. Je le fais quand je ne trouve pas d’alternative ou pour ne pas ennuyer les personnes avec qui je mange qui peuvent avoir prévu un plat de viande.
Je n’en parle jamais sur les réseaux sociaux car il y a un fort jugement de certaines personnes de la communauté « veggie ».
Pour conclure, je pense que le principal est d’essayer de faire un effort sur sa consommation de produits animaux que ce soit dans un souci écologique ou/et éthique. Si ma santé le permet j’essayerai de nouveau de manger végétarien le plus possible pour être de nouveau à 100% de consommation sans produits carnés.

Ne vous laissez pas démotiver par les personnes qui ont tendance à juger les autres, chaque effort compte. Le tout est de se documenter et d’avancer petit à petit. Nous ne sommes pas membres d’une secte ou d’une religion.
Manger de la viande et du poisson n’est pas un interdit. Bannir les produits animaux (en général : viande, produits laitiers etc) est une recommandation de santé, mais aussi une recommandation écologique pour le bien de la planète et éthique pour celui des animaux.
Tant que vous êtes bien avec vous-même, avec votre corps et votre esprit, c’est le principal.
Je sais que la pression sociale peut être forte qu’il s’agisse de vous convaincre de manger de la viande ou au contraire de ne plus en manger. La décision n’appartient qu’à vous en votre âme et conscience.

 

Quel est votre point de vue sur ce sujet ? Est-ce que ça vous choque que des personnes puissent se dire végétariennes tout en mangeant encore parfois un peu de produits carnés ? Vous a-t-on déjà jugé pour votre façon de vous nourir?

A propos de Flâner Lire

Caroline, amoureuse d'Histoire, (ancienne stagiaire au Centre Historique Minier de Lewarde & ex agent d'accueil et de surveillance au Palais des Beaux Arts de Lille). Je suis depuis toujours passionnée de patrimoine avec une affection particulière pour celui du Val de Loire. J'ai beaucoup d'intérêt pour la culture en général : les musées, les expositions, la musique, la lecture, les séries tv...

4 commentaires sur “Une végétarienne imparfaite

  1. Ton végétarisme imparfait se comprend tout à fait : quand on a des soucis de santé notamment., le rapport à la nourriture est parfois difficile. Et c’est d’autant plus difficile d’en culpabiliser, je trouve. Je me souviens d’une fille qui s’en était prise plein la tête parce qu’elle craquait parfois, la violence de certains commentaires… Alors que cette personne avait des TCA.
    Mon végétarisme tout récent s’est fait de manière très progressive, sur plus d’un an, et encore aujourd’hui je sais que je pourrais faire des « faux pas ». Parce que j’ai des ennuis de santé, parce que j’ai du mal a me défaire de cette très grosse dépression que j’ai faite suite a ma maladie, que j’ai encore des troubles anxieux qui s’expriment par un rapport a la nourriture pas toujours sain. J’en suis consciente et je crois que l’essentiel, quand on est passé par des moments aussi compliqués, c’est de prendre soin de soi.

    1. Bonjour Sixte, merci pour ton commentaire qui est très juste. L’important est de prendre soin de soi, c’est tout à fait vrai. De toute manière, quoi qu’on fasse on sera toujours jugé par les gens…

  2. Personnellement, ça ne me choque pas vraiment à partir du moment où on n’essaie pas de le « normaliser », de considérer que bon manger un peu de viande tous les mois c’est pas très différent du végétarisme… comme tu le soulignes, on n’a pas tous et toutes les mêmes difficultés, la même vie sociale, le même rapport à l’alimentation etc. Et même chez les véganes et militant-es antispécistes les plus convaincu-es, parfois on craque. Cet article pourrait d’ailleurs t’intéresser : http://www.la-carotte-masquee.com/vegane-flexible/

    1. Bonjour, merci pour ton commentaire. Non bien sur il ne s’agit pas non plus de dire « allez je fais ce que je veux ». Ça reste (pour ma part en tout cas) occasionnel. Merci pour le lien de l’article, je vais aller le lire 😉

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